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L'Indonésie entre armée et séparatismes Depuis la chute du général Suharto, l'Indonésie a élu un président de la République musulman et démocrate, M. Abdurrahman Wahid, et a reconnu l'indépendance du Timor-Oriental. Cependant, pour ramener la démocratie, le président doit réduire le rôle d'une armée depuis longtemps trop puissante. La tâche est d'autant plus lourde qu'elle est inséparable du règlement urgent de deux conflits à caractère séparatiste en Aceh et en Papouasie, et d'une situation explosive aux Moluques. M. Abdurrahman Wahid a donc permis l'instauration d'un climat de liberté : pour la presse, il a supprimé le ministère de l'information, dont la censure était si étouffante ; des prisonniers politiques ont été libérés, le retour des exilés politiques a été encouragé, d'anciens prisonniers communistes osent parler de leur expérience ; on suggère la création d'une commission vérité et réconciliation sur le modèle sud-africain. L'enquête sur la gestion passée de M. Suharto devrait reprendre. Salué par les commentateurs comme le renforcement de la société civile, tout cela inquiète fortement certains généraux. Mais l'armée ne paraît plus en position de force : elle est divisée (une partie des officiers estiment nécessaire une révision à la baisse de son rôle politique), ses exactions passées ne font plus l'objet d'un tabou. CHINE À la pointe de l'action, les cinéastes ont, dès
1930, créé leur propre organisation, ramifiée dans
toutes les sociétés de production shanghaiennes,
malgré la censure gouvernementale instituée le 1er
janvier ; en février, le scénariste Hong Shen, formé
aux États-Unis, intervient en pleine projection contre
le film américain Welcome Danger , qui humilie les
Chinois ; née en juillet, la revue L'Art du film (qui
cesse de paraître après le quatrième numéro) accuse
les capitaux américains d'être responsables de la crise
qui affecte le cinéma national. De fait, quatorze
studios disparurent à Shanghai en 1935 alors que
plusieurs avaient déjà été détruits en même temps
que seize des trente-neuf salles de cinéma de la ville
par le bombardement japonais du 28 janvier 1932 ; par
dizaines, les sociétés cinématographiques déposaient
leur bilan... Les événements tragiques de la place Tiananmen en juin 1989 accentueront la crise. Certains réalisateurs choisissent l'exil, les autres rencontrent de plus en plus de difficultés, que ne résolvent pas toujours le recours aux capitaux étrangers et le biais des coproductions. Les autorités multiplient les appels à faire des films qui " servent le peuple et le socialisme ". La censure retient nombre de films dont le tournage avait pourtant été autorisé, d'autres sont interdits de sélection dans des festivals internationaux. Ceux de Venise et de Berlin, à l'été de 1991, distinguent pourtant respectivement des uvres de Zhang Yimou (à l'unanimité) et de Tian Zhuangzhuang. Quelques chiffres traduisent ce marasme : une estimation de février 1991 chiffre à seize milliards le nombre annuel de spectateurs, soit une perte de près de 50 p. 100 en dix ans, dans les quelque 140 000 unités de projection qui subsistent, durement concurrencées par cinquante mille lieux publics de projection vidéo et l'extension du marché privé du magnétoscope (dix millions). Considérablement retardé par la conjugaison de tant de facteurs négatifs, l'âge d'or annoncé est encore à venir. RUSSIE L'existence du schisme n'a guère diminué la puissance de l'Église officielle, qui atteint son apogée à la veille du règne de Pierre le Grand (1689-1725). La lutte victorieuse contre le paganisme, la multiplication des églises (400 au début du siècle dans la ville de Moscou ; 20 000 dans l'ensemble du pays à la fin du siècle) et des monastères (au nombre de 2 000), la possession, par les deux clergés (noir et blanc, c'est-à-dire régulier et séculier), des deux tiers du territoire, le profit des activités commerciales (vente de blé, de sel) témoignent de son influence et de sa richesse. La religion rythme l'activité des hommes, elle est présente, en particulier dans les villages, dans toutes les manifestations, cortèges, défilés militaires et civils. Le clergé est le dépositaire de la culture, mais il est aussi un frein aux nouveautés. L'Académie gréco-slavo-latine, créée à Moscou en 1687 et qui devait concurrencer l'Académie ecclésiastique de Kiev, fut surtout un instrument de censure rigoureuse des ouvrages étrangers. Avec les réticences de l'Église, le petit nombre de gens instruits, le retard économique, l'usage d'une langue savante officielle expliquent les faibles progrès de la culture. Dans la seconde moitié du siècle cependant, l'adoption des chiffres arabes rend possible le système décimal, la langue des bureaucrates des prikazes, des prêtres proches du peuple comme Avvakoum, d'autodidactes cultivés comme Ivan Posochkov (Pososkov), se répand et donne une nouvelle dignité au parler populaire, qui remplacera le slavon. Le XVIIe siècle voit aussi, avec les premières traces écrites d'une poésie populaire, les débuts du théâtre : sous forme de drames scolaires sur des sujets religieux coupés d'intermèdes comiques, venus de Kiev, mais aussi, à la cour d'Alexis Mikhaïlovitch, sous forme d'uvres profanes originaires d'Allemagne. Aussi importante fut la réforme judiciaire de
décembre 1864 qu'avait projetée, un demi-siècle plus
tôt, Mikhaïl Speranski, ministre d'Alexandre Ier, mais
celui-ci s'était toujours heurté à l'hostilité de la
noblesse. Séparant la justice de l'administration,
assurant l'indépendance des juges par l'inamovibilité,
cette réforme crée un nouveau système de tribunaux,
où apparaît, au niveau du district, le jury.
L'efficacité des réformes, qui tempéraient
l'arbitraire et amélioraient les rapports sociaux,
restaient cependant limitée par le caractère policier
du régime. Une nouvelle législation (1865), qui
supprimait la censure préalable mais renforçait la
répression, maintint la presse sous le contrôle de
l'administration. La période des grandes réformes se
poursuivit jusque dans les années soixante-dix.
L'organisation des doumas urbaines (conseils municipaux),
objet de longues discussions entre 1864 et 1870, accrut
par un système de curies l'autorité des riches sur la
ville, sans pour autant accorder à ces doumas la moindre
autonomie. Dans le domaine militaire, la réorganisation
indispensable de l'armée vaincue, menée de 1861 à
1874, s'inspire à nouveau de la tradition de Souvorov,
développe l'initiative dans la formation des cadres
d'officiers, institue le service militaire pour tous
(1874) et prépare cette force puissante qui servira la
politique impérialiste de l'Empire.
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